À première vue, ces chiffres peuvent sembler froids. Pourtant, ils racontent une histoire très concrète. En fin février 2026, les stocks de pommes et de poires sont plus élevés que l’an dernier. Et cela change beaucoup de choses pour les producteurs, les prix et même votre panier.
Des frigos bien remplis, et ce n’est pas un détail
Selon Agreste, les stocks de pommes dépassent de 4 % ceux de 2025 et de 9 % la moyenne de 2021 à 2025. Pour les poires, la hausse est encore plus nette. Les stocks bondissent de 31 % sur un an et de 18 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Autrement dit, il reste davantage de fruits dans les stations frigorifiques. Ce n’est pas seulement une question de volume. C’est aussi un signal sur l’équilibre du marché. Quand il y a plus de fruits en réserve, les ventes peuvent avancer plus lentement. Et les prix réagissent vite.
Pourquoi certaines variétés se vendent mieux que d’autres
Tout n’évolue pas de la même façon selon les variétés. C’est là que les chiffres deviennent vraiment intéressants. La granny smith progresse fortement, avec des sorties en hausse de 48 %. Elle semble bien se vendre en ce moment, ce qui peut s’expliquer par son usage facile en cuisine, sa tenue en rayon et son goût bien reconnaissable.
En revanche, les sorties reculent pour la gala et la golden, avec respectivement -9 % et -8 %. Cela ne veut pas dire que ces pommes sont moins bonnes. Cela montre plutôt que la consommation se répartit différemment selon les périodes, les habitudes d’achat et la disponibilité.
Du côté des poires, la comice affiche une forte hausse des sorties, à +85 %. Sa campagne de commercialisation touche à sa fin, ce qui peut pousser les ventes avant que le stock ne baisse trop. À l’inverse, la variété angelys recule de 45 %. Là encore, les écarts entre variétés montrent un marché très contrasté.
Des prix en baisse sur un an, mais pas partout au même niveau
Les prix à la production des pommes et des poires restent en recul sur un an. En février 2026, ils baissent de 3 % par rapport à février 2025. C’est une information importante, car elle dit beaucoup sur la pression exercée par l’offre.
Mais attention, le tableau n’est pas entièrement sombre. Les prix restent légèrement au-dessus de la moyenne de 2021 à 2025, avec +1 %. Cela veut dire que le marché n’est pas en chute libre. Il se situe plutôt dans une zone de tension modérée, avec des variations qui peuvent vite bouger selon les volumes disponibles et la demande.
Pour un producteur, quelques points de pourcentage peuvent changer la rentabilité d’une campagne. Pour vous, cela peut se traduire par des prix plus stables, parfois plus attractifs, mais aussi par une sélection de fruits plus large en rayon.
Ce que montrent les exportations de pommes françaises
Les échanges avec l’étranger donnent aussi des indices très précieux. Entre août 2025 et janvier 2026, l’Italie et l’Espagne ont augmenté leurs importations de pommes françaises. La hausse atteint 68 % vers l’Italie et 31 % vers l’Espagne. C’est une belle progression, et elle compte.
En même temps, le marché français perd du terrain en Belgique et en Allemagne. Les ventes chutent de 47 % et de 21 %. Ce contraste est frappant. Il montre que les débouchés ne se ferment pas tous au même endroit. Certains pays achètent plus. D’autres ralentissent nettement.
Autre point marquant, les exportations vers les pays tiers progressent de 14 % sur un an. Cela signifie que les pommes françaises trouvent aussi des acheteurs hors d’Europe. C’est souvent une bonne nouvelle pour les producteurs, car cela diversifie les marchés et limite la dépendance à un seul pays.
Les poires françaises gagnent du terrain à l’étranger
Pour les poires françaises, la tendance est encore plus dynamique sur la période de juillet 2025 à janvier 2026. Les exportations augmentent de 22 % sur un an et de 18 % par rapport à la moyenne de 2021 à 2025. Là aussi, le marché international joue un rôle clé.
Les ventes vers les Pays-Bas bondissent de 69 %. C’est une hausse forte, qui peut surprendre. À l’inverse, les exportations vers l’Espagne baissent de 17 %. Les pays tiers, eux, affichent une envolée de 42 % sur un an. On voit bien que la demande se déplace. Elle ne disparaît pas. Elle circule autrement.
Ce que cela peut changer pour vous
Ces chiffres ne concernent pas seulement les producteurs ou les négociants. Ils peuvent aussi avoir un effet sur vos achats quotidiens. Quand les stocks sont élevés, il y a souvent plus de choix en magasin. Les fruits peuvent être plus disponibles, plus réguliers et parfois moins chers.
En revanche, si certaines variétés se vendent mieux que d’autres, vous pouvez voir des écarts de qualité, de calibre ou de prix selon les rayons. C’est souvent le cas avec les produits saisonniers. Un fruit peut être très présent une semaine, puis devenir plus rare la suivante.
Si vous aimez cuisiner, c’est aussi le bon moment pour profiter des variétés en forte rotation. La granny smith apporte une touche acidulée aux tartes et aux salades. La comice reste agréable à croquer, surtout quand elle est bien mûre. Les chiffres ne disent pas tout, mais ils donnent une vraie photo du moment.
En résumé, un marché plus chargé et plus nerveux qu’il n’y paraît
Le message principal est simple. Les stocks de pommes et de poires sont plus élevés qu’en 2025. Les prix restent un peu sous pression. Et les exportations évoluent de façon très différente selon les pays et les variétés.
Ce genre de note statistique peut sembler technique. Mais en réalité, elle dit beaucoup sur le rythme du marché agricole. Plus de fruits en stock. Des ventes qui bougent. Des prix qui résistent sans vraiment monter. Et des débouchés étrangers qui prennent de l’importance. Bref, la saison est loin d’être figée.






